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Les Ponts-de-Cé : ouverture de la saison 2026-2027 !

Par Jean-Baptiste SEMBLAT

Les Ponts-de-Cé : ouverture de la saison 2026-2027 !

Les 10 et 11 octobre avait lieu aux Ponts-de-Cé la compétition nationale qui marquait l’ouverture de la saison. Récit de notre reporter sur place.

L’ensemble de la communauté avait marqué d’une plume blanche les dates dans son calendrier : les 10 et 11 octobre avait lieu aux Ponts-de-Cé la compétition nationale qui marquait l’ouverture de la saison. Dans un tableau d’une densité rare, quelques semaines après la coupe du Monde, on peut vous affirmer avec certitude que le niveau monte. Chacun avait en tête de montrer les progrès réalisés et l’envie de se battre pour une qualification aux championnats de France. Récit de notre reporter sur place.

Une organisation toujours au top
On doit bien reconnaître, après quelques années à accueillir des compétitions nationales et internationales, que le club des Ponts-de-Cé montre souvent à l’ensemble des organisateurs le standard à atteindre. Certes, les infrastructures récemment rénovées et le soutien du club de badminton de l’AS Ponts-de-Cé aident, mais il faut aussi dire que les bénévoles y sont particulièrement actifs et mobilisés, malgré la petite taille de la communauté de la plume locale. Qu’il s’agisse de François en G.O., Marion et Maelane à la buvette et les autres joueurs du club qui donnent un coup de main, les compétiteurs sont accueillis comme des rois !

On put également compter sur la mobilisation de Laurent et Caroline à la table du COC, qui durent même faire face à un bug dans le logiciel de compétition et revinrent avec une efficacité remarquable à l’ère du papier-crayon pour gérer le tableau final de double. On salue d'ailleurs l'ancien joueur et développeur de l'appli Toky, qui s'est rendu disponible pour intervenir en urgence et corriger ce bug avant la journée du dimanche.

En double, un retour surprise et quelques « nouvelles » têtes qui confirment
Après quelques prestations solides mais trop rares dans les Open ces dernières années, l’un des tous meilleurs joueurs français nous fit l’honneur de rejoindre la compétition des Ponts-de-Cé : le grand Binh Nguyen était prêt à rouler sur ses adversaires, toujours avec classe et en applaudissant chaque geste technique réussi. Il avait décidé de mettre son talent au service d’Etienne Gastineau, qui avait absolument besoin de ce soutien de poids pour avoir une chance dans cette compétition (pour nos lecteurs les moins avertis, notre reporter est ironique).

La paire putéolienne était favorite dans ce tournoi de double, mais d’autres pouvaient prétendre à la victoire finale : les Quesnoisiens Antoine et Maxence, ainsi que la paire putéolo-nordiste Corentin et Alessandro.
Premier indice sur le rapport de force en poules, où Etienne et Binh prirent le meilleur sur Antoine et Maxence, en deux sets malgré une fin de match accrochée : 21-15, 23-21.

Il faudra attendre les demi-finales pour que des favoris se rencontrent à nouveau. Dans un presque-derby qui sentait la poudre, où l’ensemble des joueurs avaient revêtu la tunique du DLBC, Alessandro et Corentin parvinrent à venir à bout d’Antoine et Maxence après avoir perdu le premier set (15-21, 21-18, 22-20).

Vous ne manquerez pas d’observer que nous n’avons évoqué que trois favoris, il manque donc une quatrième équipe pour compléter le dernier carré. Ce n’est faire d’affront à personne que de dire que cette place en demie était plus disputée : elle revint à Matteo et Triet, après une victoire très convaincante dans le jeu contre Xavier et JB (21-13, 21-18). Malheureusement pour les jeunots, ils ne faisaient pas le poids face à l’expérience et la vista de Binh et Etienne qui les écartèrent relativement facilement de la course au titre (21-11, 21-15).

La petite finale leur offrait une dernière occasion de briller, mais il aurait fallu un exploit pour barrer la route du bronze à Antoine et Maxence. Ces derniers s’imposèrent avec autorité (21-16, 21-14) pour figurer tout de même sur le podium. Malgré leur talent individuel, on pouvait douter de la capacité de la paire Matteo-Triet à figurer parmi les protagonistes de la journée. Ils repartent sans médaille mais signent une très belle performance et montrent qu’il faudra continuer de compter avec eux cette saison !

La grande finale, arbitrée avec une grande justesse par Maxence P. et Matteo, donnait lieu à un affrontement inédit. Les Putéoliens Etienne et Binh, auréolés d’une collection interminable de médailles, faisaient toujours figure de grands favoris. En face, Corentin avait décidé d’utiliser cette compétition pour perfectionner son attaque en dragon. On connaît le talent de Coco en simple ou en smash de face, mais cela laisser planer le doute sur sa capacité à planter des points en dragon contre des défenseurs de la trempe de Binh et Etienne. L’aptitude d’Alessandro à se fondre dans un rôle de pur passeur, intégralement au service de son attaquant, pouvait également être interrogée.

Cette finale, que vous pouvez revoir commentée sur la page Facebook de France Plumfoot, tint une partie de ses promesses. Le premier set fut un peu décevant des deux côtés, les deux équipes ne parvenant jamais à bien jouer en même temps (21-14 pour Etienne et Binh). Le deuxième acte, en revanche, fut bien plus disputé. Alessandro réalisa une belle prestation au contre et dans la construction, parvenant à délivrer des plumes propres à son attaquant qui ne se fit pas prier pour les lever et les taper avec des dragons puissants. Sur quelques enchaînements de points, les variations entre les dragons (croisés/décroisé, long ou piqué) mirent au supplice Binh, qui devait couvrir une zone trop grande pour lui (!!!). Mais cette révolte impressionnante n’était qu’un feu de paille : Etienne et Binh ne paniquèrent pas, attendant à chaque fois le point suivant pour réussir l’air de rien à mettre une plume de l’autre côté. Qu’il s’agisse d’un renvoi de Binh ou d’une attaque d’Etienne, ils trouvaient la zone pour mettre le point ou un grain de sable dans la mécanique de construction d’Aless-Coco, qui supportait moins de petits dérèglements. Au final, les favoris s’imposèrent 21-16 dans ce second set.

Les notes de la finale.
Inspirée par d’autres publications sportives autrement plus connues, notre rédaction vous propose de revenir sur les performances des finalistes. Vous l’aurez compris, il s’agit avant tout d’un prétexte pour faire le jeu de mot le plus alambiqué possible.

Etienne (8/10) : Encore une fois là c’t’année. Le compétiteur sur qui la pression paraît glisser comme une Suze dans le gosier de ta mamie cavale sur le terrain, mais a toujours l’air leste comme une plume. Pégase-tineau.

Binh (9/10) : Le poids des ans, l’entraînement irrégulier et son genou en liberté conditionnelle paraissent toujours n’avoir aucun effet sur lui. Comme à son habitude lorsqu’il refait surface, le champion à la modestie légendaire vient, gagne et s’en va en félicitant ses adversaires. Beinh sport.

Corentin (7/10) : Difficile d’être sévère avec le Putéolien : s’il veut claquer des beaux dragons un jour, il faut bien qu’il s’y essaye en compétition. Pendant le deuxième set en particulier, on vit un bel échantillon de ce dont le chicken sera capable lorsque ses ailes auront fini de pousser. Coreptincel (bientôt DraCocoFeu).

Alessandro (7/10) : On lui demandait avant tout deux choses : sauter haut et droit au contre, faire des passes hautes et droites en laissant deux touches à Coco pour qu’il se la lève. Mission accomplie, avec une belle régularité pour un joueur que l’on ne voit pas souvent dans ce rôle, rempli avec une humilité christique. GoetBless Alessandro.

podium en doubleLe podium en double. Pour une fois, tout le monde est étonnamment photogénique

Et les autres ?
Toutes proportions gardées, l’affrontement fratricide entre Parisiens était lui aussi très attendu. Il fut plus spectaculaire en phase de poules, avec des échanges de très bonne tenue en attaque/défense : Etienne en chef d’orchestre de son attaquant Thomas, le colonel JB en première ligne au contre pour redonner des munitions au sniper Xavier. Avantage aux premiers le matin, en trois sets serrés (21-16, 17-21, 21-18). Mais JB et Xavier n’avaient pas dit leur dernier mot, puisque lors de leurs retrouvailles en fin de tournoi ils profitèrent de leur entente sur le terrain, travaillée au cours de la journée, pour venir à bout de leurs adversaires un peu fatigués et s’emparer de la 5e place (14-21, 21-12, 21-13).

Les locaux de l’étape n’étaient pas en reste : dans le tableau de reclassement, Emmanuel et Jérôme (8èmes) montrèrent toute l’étendue de leurs progrès. Ils purent notamment piquer des sets à Etienne et Thomas, ainsi qu’à leur mentor François qui s’était adjoint les services de Quang (7èmes).

Les places suivantes ne furent pas moins disputées : pour clôturer le top 10, un autre derby parisien vit Maxence P. et Phuong Anh s’opposer à Dany et Martin. L’affrontement accoucha d’un match marathon, avec des points à rallonge, des belles constructions à 4 touches et des exploits en attaque et en défense des deux côtés. Avantage finalement à Dany et Martin qui s’emparèrent de la 9e place (21-16, 21-19, 26-24).

Si vous pensez qu’il s’agit du record de points du jour, détrompez-vous ! Les tontons Cédric et Fred étaient en embuscade pour tendre un piège au débutant angevin Jéoïakim et à son partenaire expérimenté Nico. Mais Jéoïakim a déjà acquis de belles bases, et il put s’appuyer sur la solidité de son coéquipier pour signer la victoire la plus difficile du jour : 24-22, 22-24, 28-26 pour aller chercher la 11e place ! On a déjà vu set plus long, mais pas sûr que ce total vertigineux de 146 points ait déjà été atteint…

Enfin, n’oublions pas une petite dédicace à François L. et Manoé qui ferment la marche mais n’auront pas démérité tout au long de cette journée de compétition.

Soirée du samedi : un sacré coup de fouées
Répondant à l’invitation des organisateurs, la quasi-totalité des participants s’est donné rendez-vous au sommet de la Roche de Mûrs, dans le même restaurant que l’année dernière, pour profiter du buffet de fouées à volonté. Ce genre de pain pita du terroir, à garnir de viandes et légumes divers, a fait le grand bonheur de notre spécialiste ès kebabs, jamais timide pour aller se resservir.
Merci au club des Ponts-de-Cé d’avoir organisé cette soirée, et d’avoir prévu large pour les quantités ! Malgré nos appétits gargantuesques, nous ne sommes pas venus à bout du buffet…

soirée au restaurantLes fauves avant d'être domptés par les fouées

En simple, la guerre à tous les étages
En regardant le tableau le dimanche matin, peu de joueurs pouvaient se dire que leur parcours vers leurs objectifs allait être facile. Malgré le forfait du champion de France de simple et vainqueur de la veille Etienne Gastineau, touché à une cuisse, la densité du casting ne laissait aucun doute sur le fait que dès le matin, les matchs allaient être saignants.

Cet état de fait était surtout dû à la présence de Binh et Trung en guest stars à zéro points TDS, pour mettre le bazar dans les poules. On trouvait aussi une belle brochette de joueurs pas tête de série mais bien décidés à jouer crânement leur chance : Thomas, Triet, Jérôme, Emmanuel, ou même les moins expérimentés mais déjà affamés de victoire Martin et Maxence P. Enfin, n’oublions pas que les joueuses de l’équipe de France Huong et Phuong Anh étaient reversées dans le tableau masculin, ajoutant encore un peu de piment aux affrontements.

Ce qui devait arriver arriva : Binh et Trung prirent la première place de leur poule, reléguant les malchanceux Thomas et Emmanuel vers les tréfonds du classement, tout en hypothéquant sérieusement les chances des têtes de série Etienne S. et JB d’aller plus loin.

Signalons également le très gros affrontement entre Maxence P. et Matteo : le Quesnoisien eut le plus grand mal à se défaire du Parisien qui monte. Il lui fallut 3 sets pour se défaire de celui qui a abandonné le basket cette saison pour aborder le plus sérieusement possible sa carrière dans la plume… À noter aussi, la belle performance d’un autre jeune Parisien puisque Martin s’imposa contre Dany pour se qualifier en 8èmes, et alla gratter un set à Jérôme.

Enfin, comment ne pas mentionner la rencontre entre Nino et Manoé, les deux jeunes locaux de l’étape ? C’est le second qui, en trois sets, remporta le match des descendants de sélectionneurs et prit le chemin des huitièmes.

Un dernier carré logique
Écœurant de facilité, sans doute affamé de titres après avoir dû déclarer forfait pour le championnat de France, Corentin n’eut pas de mal à se hisser jusqu’en finale en giflant ses adversaires successifs, pourtant pas dénués de qualités. Mais ni JB en huitièmes, ni Alessandro en quarts, ni Binh en demies n’étaient en mesure de poser de véritables problèmes au Putéolien, qui semble désormais évoluer dans une autre dimension.

Dans l’autre partie de tableau, Maxence B. se défit tout aussi facilement de ses adversaires Triet et Huong, avant d’être opposé en demies au quatrième larron du dernier carré : Etienne S.. Le parisien est finalement parvenu à défendre son statut de tête de série en se sortant de tous les pièges tendus par le tirage (Trung, François) : il nous rappelle qu’avant de s’en prendre au hasard, on peut aussi essayer de gagner ses matchs ! La suite fut plus cruelle pour Mr. Dry, malgré une performance défensive de haute volée contre Maxence (19-21, 10-21).

Dans la petite finale, il dut retrouver Binh qui l’avait déjà battu en poules. Pas de miracle pour Etienne, puisque Binh fit honneur à sa réputation et alla chercher au terme d’un match engagé une nouvelle médaille à ajouter à son interminable palmarès (21-13, 21-17). Après la rencontre, le Parisien pas mécontent de sa journée soulignait tout de même qu’il s’agissait de sa 13ème chance de médaille perdue : s’il a déjà goûté aux joies du podium en double, il n’y a jamais accédé en simple et n’a pas eu l’occasion de remonter sur la boîte depuis son retour de blessure. Mais les bretons ont la tête dure, et loin de céder à la résignation, on imagine plutôt Etienne de nouveau le couteau entre les dents pour aller chercher une médaille à domicile en novembre !

Avant la grande finale, au vu du niveau affiché par Corentin lors de cette journée et surtout lors des compétitions précédentes, on pouvait craindre de vivre un remake de la finale de Marseille en 2025, lors de laquelle Maxence s’était révélé totalement impuissant. Oui mais voilà, le Nordiste paraît cette fois moins entamé physiquement et il semble être entré sur le terrain avec une ferme volonté d’en découdre.

Sous les regards attentifs des arbitres Martin et PA, et devant un public enthousiasmé par le spectacle offert, Maxence chancelle dans le premier set (13-21). Mais il retourne au combat pour faire douter Corentin dans le deuxième acte, avec des échanges d’une intensité exceptionnelle des deux côtés et des exploits aussi bien défensifs qu’offensifs (21-15). Le public qui applaudit généreusement les deux acteurs ne s’y trompe pas : on assiste à une finale de très haut niveau, et cela augure d’un magnifique troisième set.
Dans l’acte décisif, la partie reste très disputée et le niveau de jeu élevé. Les deux joueurs se livrent totalement et paraissent en mesure de pouvoir tenir le rythme jusqu’au bout. En milieu de set, Corentin arrive à prendre un avantage de 4-5 points qui pourrait paraître critique, mais Maxence n’abdique jamais et parvient même à revenir à 18-20 ! Il faut attendre sa troisième balle de match pour que le Putéolien assure sa victoire, après avoir été sacrément mis au défi par son challenger. Bravo aux deux joueurs pour ce match au sommet !

De la densité dans les tableaux inférieurs
Huong et Phuong Anh ont été loin de faire de la figuration dans le tableau masculin : après s’être extirpée des poules, Huong a signé une belle victoire contre Jérôme en huitièmes et termine par une défaite avec les honneurs dans le match pour la 7ème place (16-21, 17-21 contre Antoine).

Phuong Anh, également sortie des poules, eut l’occasion de livrer des matchs exceptionnels en reclassement contre Trung (21-11, 18-21, 18-21) et contre Jérôme (11-21, 24-26). Sacrée manière de confirmer les belles choses aperçues sur le terrain au stage féminin début octobre : on a hâte de la compétition à Paris pour voir la suite !

Les Lillois Alessandro (5e) et Matteo (9e) allèrent une nouvelle fois chercher des places d’honneur. Le premier, blessé à la cheville, dut batailler contre un Francois vaillant (21-15, 19-21, 21-17). Le second se défit au bout du suspens de JB dans une finale de reclassement avant l’heure (21-19, 19-21, 21-11) et confirma ensuite contre Martin et Triet.

Thomas alla s’emparer sans trembler de la victoire dans un tableau 17-24 pas si anecdotique (Maxence P., Dany, Emmanuel) pour rappeler que le jour où il aurait enfin un tirage correct, il allait falloir compter sur lui.

Le scénario de la journée fut tout aussi cruel pour les locaux de l’étape Emmanuel et Jérôme, qui démontrèrent cependant de l’avis de tous un sacré niveau de jeu. Parfois, les résultats ont du mal à suivre les progrès dans le jeu… il n’y a souvent qu’une ou deux occasions par saison de briller et d’aller chercher LA victoire qui validera le passage à un niveau supérieur. Face aux désillusions, il n’y a qu’une seule réponse : continuer de travailler et espérer que la prochaine soit la bonne !

Pour la prochaine justement, on vous donne rendez-vous au Centre sportif des Poissonniers à Paris les samedi 28 et dimanche 29 novembre. Piquée au vif par la qualité de la buvette des Ponts-de-Cé, l’APP et son importante communauté vietnamienne vont probablement vouloir reprendre la couronne du meilleur banh mi. Pour contester la hiérarchie sportive sur le podium, ce sera plus difficile...

photo de groupe